vendredi 13 novembre 2009
PABLO
Esther ma grand-mère ne nous parlait jamais de mon grand-père Pablo. Nous ne savions pas vraiment pourquoi ils ne vivaient pas ensemble. Lorsque j’ai interrogé mon père, il a répondu : incompatibilité d’humeur ! Il décrivait grand-père comme un homme ordinaire ayant une vie très commune et sans grand intérêt. Il n’aimait pas parler du passé.
La curiosité me poussa à me mettre en quête d’objet ou de chose pouvant me révéler cette vie passée que je devinais différente de celle dont on me parlait. L’endroit tout indiqué était bien le grenier et j’y trouvais ce que je cherchais.
La malle était modeste, quatre planches de mauvais bois attachées par des équerres de fortune et couvertes par une plaque de contre plaqué. Un petit loquet en ferraille, sans cadenas, en assurait la fermeture.
Elle renfermait toutes sortes de choses, de vieux pantalons, des chaussures usées, des éventails aux couleurs variées, des castagnettes, des mantilles diverses et puis une multitude de lettres écrites à son ami Mañolo ainsi que quelques photos, qui avaient été remise à ma mère (je l’appris plus tard) lors du départ de mon grand-père pour une vie future.
Mon grand père était simple, mais extravagant, l’œil vif, les cheveux en broussaille, le chapeau à large bord vissé sur la tête, un foulard noué autour de son cou.
Lorsqu’il partait en voyage, il ne s’encombrait jamais de bagages, les pantalons, les pulls et les vestes, ils les enfilaient les uns par-dessus les autres (jusqu’à trois) ! Cela lui fournissait donc une multitude de poches dans lesquelles il mettait tout ce dont il avait besoin, petit linge, chaussettes, foulards, brosse à dents, ainsi qu’un rasoir mécanique démontable. Une véritable armoire ambulante.
Tout cela je l’ai appris dans ses courriers qui racontaient les évènements qui traversèrent ou bouleversèrent sa vie.
Ainsi, sa rencontre avec Picasso, au temps de la bohême, mon grand-père l’a hébergé pour quelques jours et n’a jamais voulu accepter l’esquisse que celui-ci avait fait afin de payer son logement. L’amitié est gratuite écrivait-il toujours.
Il était comme l’on dit familièrement « coco » de là lui venait sa passion pour les foulards, rouges bien sur.
De ses fuites lors des combats en Espagne contre Franco, j’ai lu des dizaines de lettres qui en relatait la misère et la dureté.
Ensuite, il y eu le travail chez Renault à Billancourt, les copains des syndicats et les manifs. Un vrai révolutionnaire !
Et puis au milieu de tout ce mouvement, il y avait ses conquêtes grâce auxquelles j’avais devant moi cette magnifique collection de mantilles et d’éventails dont chaque maille et chaque pli retraçaient un moment de tendresse et de douceur. Les castagnettes lui permettait d’accompagner les flamencos endiablés de ses belles.
C’est d’ailleurs au cours d’une de ces soirées qu’il rencontra ma grand-mère Esther. Ils restèrent ensemble sept années pendant lesquelles ils eurent leurs cinq enfants.
La vie de grand père se poursuivit entre Paris, Barcelone et Madrid au grès de ses voyages, toujours émaillés de quelques aventures bien trempées.
L’âge aidant, il s’installa chez Mañolo et y finit ses jours tranquillement, à son grand regret. Il aurait certainement préféré finir sa vie sur des barricades, le poing levé.
20.10.2005 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
jeudi 5 novembre 2009
Suite
Voici la suite de "Farfouille au quotidien"
MAIS A QUOI PEUT BIEN SERVIR TOUT CELA ? Suite de «Farfouille au quotidien»
Vous avez déjà fait la visite de ce que j’appelle « ma farfouille du quotidien ». Je vais maintenant vous emmener en promenade pour étudier l‘utilisation parfaite des objets contenus dans ce sac.
Aujourd’hui nous partons voir les coureurs du « Paris-Nice » qui arrivent à Rasteau et repartent demain d’Avignon. Nous quittons la maison après avoir mis le chat et nos bagages dans la voiture.
Nous arrivons sur place assez tôt ce qui nous permet de trouver facilement une place à l’ombre. Nous décidons de profiter de cette avance pour déjeuner de bonne heure. J’ouvre le coffre et m’aperçois, penaude, que j’ai oublié le pique-nique dans le réfrigérateur. Nous marchons environ huit cents mètres pour arriver au hameau. Nous ne trouvons qu’une épicerie/tabacs/journaux /boulangerie (pas coiffeur, mais après tout, je n’ai pas demandé à quoi sert l’arrière salle…). J’achète deux boîtes de sardines, des tomates, des pommes, une baguette et une bouteille d’eau. L’ouvre-boîte, les fourchettes, le couteau et le gobelet trouvent tout naturellement leur utilité. Nous nous installons sur une placette herbeuse, près de l’église, et assis sur mon foulard, prenons tranquillement notre repas improvisé. Un voisin de pique-nique nous offre un verre de vin car lui avait la bouteille et nous le tire-bouchon.
En se levant, mon mari accroche son pantalon dans un clou fiché sur le bord d'un banc. Heureusement, ma « mini-couture » me permet de réparer l’accro en un instant.
L’arrivée des coureurs est annoncée pour 16h30, cela nous laisse largement le temps de retourner à la voiture voir si le chat supporte bien l’attente. Nous avons laissé les carreaux très légèrement entrouverts et la voiture est à l’ombre, mais nous préférons nous assurer que tout va bien, puis nous en profiterons pour nous prélasser un peu.
En arrivant, je m’aperçois tout de suite de la catastrophe. Calmement, je sors le tournevis de mon sac, je l’enroule dans les mouchoirs en papier, le glisse dans la fente de la vitre avant de la voiture afin de maintenir écraser le joint en caoutchouc. Mon mari s’occupe de cette tache pendant que j’attache le trombone, retourné en forme d’hameçon, après la ficelle, je noue cette dernière aux élastiques que je passe autour de mon poignet. Ainsi équipée, si par mégarde, à bout de patience ou de force je lâche la ficelle - qui bien entendu est tout juste assez longue -, elle ne se retrouvera pas sur le siège de la voiture au même titre que les clés que j’essaie d’attraper - avec succès - depuis une demi-heure !
Le chat, lui, est bien confortablement installé sous sa couverture et semble fort déranger par tout ce mouvement inattendu ! Nous ouvrons enfin l’auto et nous installons. Mon mari pour faire des mots croisés armés du crayon et de la gomme (cela me calmera me dit-il), et moi pour réserver un hôtel à l’aide de mon téléphone. Et bien oui, en plus de faire montre, appareil photo, traducteur, mini-ordinateur, webcam, un portable ça sert aussi à… téléphoner !
A seize heures, clés en poche, crème étalée sur les mains pour applaudir sans bobo, nous allons assister à la magnifique arrivée groupée du peloton. Je sors mon filet à provision et je le remplis avec les bidons que je demande aux coureurs pour ma collection. Nous restons jusqu’au podium et la remise les bouquets. Ensuite, nous retournons à la voiture et arrivons à l’hôtel juste pour l’heure du dîner. La soirée et la nuit se passe sans incident, bercer par les ronronnements du chat.
Dimanche matin. Nous nous faufilons parmi les coureurs venus signer, sur le podium, la feuille de présence et j’en profite pour leur demander de signer mon calepin. Le départ est donné à onze heures devant le Pont d’Avignon et ainsi, la fête se termine par le démontage de tous les éléments de l‘organisation et nous prenons le chemin du retour. Malgré l’incident des clés, nous sommes tout heureux de notre escapade et nous roulons tranquillement sous un grand soleil, chantant à tue-tête « l‘amour est enfant de bohème… ». Le chat profite de la chaleur des rayons, nonchalamment installé sur le dossier de mon siège derrière ma nuque, une patte posée sur l’épaule de mon mari. Un petit vent coulis glisse sur mes épaules et pour éviter un torticolis, je ferme la vitre. Je pousse un hurlement ! Mon mari me regarde et abasourdi par ce qu’il voit pile sur le bas côté. En l’espace d’une seconde, je ré-ouvre le carreau, me retrouve hors de la voiture. Les jambes écartées et penchée en avant je vide sur ma tête la bouteille d‘eau et me désinfecte avec les lingettes rafraîchissantes parfumées. Mon mari de son coté tient le chat qui vient, en représailles, de planter ses canines dans mon cuir chevelu et ses griffes sur mon front.
Pourquoi a-t-il fallu qu’il mette sa queue dans l’entrebâillement de la glace que je voulais fermer !
Nous remettons le chat dans l’auto après avoir regardé s’il n’avait pas trop de mal, heureusement, le caoutchouc a amorti le pincement. Nous repartons et patiemment, je retire avec la pince à épiler les épines qui se sont fichées dans ma main. Tout à l’heure, en sortant précipitamment de l’auto, je me suis rattrapée à ce que j’ai pu ! A priori, c’étaient des ronces !
Bien sur, je n’ai pas cité tous les objets allez-vous me dire ! Oui, mais vous seriez déçu... Mon porte-monnaie me sert à mettre des pièces, mon portefeuille mes papiers personnels, mes cartes de crédits à régler mes achats et mes lunettes noires me protégent du soleil. Des utilisations somme toute fort banales.
Le 08.04.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
mercredi 21 octobre 2009
Clin d'oeil pour Annie la Marmotte
Clin d'oeil pour Annie la Marmotte
FARFOUILLE DU QUOTIDIEN
Pour visiter l’endroit que je vais vous faire découvrir, il faut un peu de patience et beaucoup de fantaisie afin de comprendre à quoi pourrait servir chaque ustensile. Cela ressemble un peu à un musée. Vous verrez en premier, rangé par thème, un amas d’objet de la taille la plus petite possible, pouvant néanmoins être utilisés. Première série : un filet à provision, un jeton de caddie, un calepin, une calculatrice, un mètre, un crayon, un stylo à plume, des cartouches d’encre, deux enveloppes. Deuxième série : Un canif style couteau suisse avec tire-bouchon, un ouvre boite, deux fourchettes pliables, un gobelet pliant.
Troisième série : Un tournevis, un cutter, un morceau de ficelle, deux élastiques, deux trombones.
Quatrième série : une mini trousse à couture, de l’aspirine, du coton coagulant, des pansements, de la crème pour les mains, de la pommade pour les lèvres, des lingettes rafraîchissantes parfumées, une pochette de savon, des mouchoirs en papier, une brosse pliante, une pince à épiler, un coupe-ongle avec sa lime.
Cinquième série : un portefeuille garni de papiers d’identités et de santé, des cartes d’achat en tout genre, des «pass» d’entrée à la médiathèque, au sport, au musée, à la piscine, des bons de réductions, des photos de famille.
Pour finir, des lunettes de soleil, un téléphone portable, un porte-monnaie et pour que madame soit jolie, une trousse de maquillage et un miroir.
Chaque objet, même fort insolite, à servi au moins une fois depuis qu’ils habitent dans … mon sac à main ! A vous d’ imaginer les circonstances de leur utilisation.
Le 05.04.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
vendredi 1 mai 2009
LES BLONDES
Aujourd’hui, la blonde ordinaire ainsi que les blondes aux bouches pulpeuses, ne sont plus les cancres auxquelles vous demandiez de faire des « O » de carpes pour être le centre d’intérêt ! Que croyez-vous messieurs ? Qu’il faut une chignole pour leur entrer dans le crâne quelques mots simples du dictionnaire ! Balivernes ! Ce ne sont plus des chouettes que l’on ne sort que la nuit pour faire joli dans les soirées. Point n’est besoin de climatisation pour aérer leur cerveau fort bien ventilé. Espérer fera partie intégrante de votre existence désormais ! Car déjà, il n’y a plus de doute, leurs effluves tant convoitées, ne sont plus que farce et attrape nigaud !
Les filaments électriques de leur génie feront se dérouler le film de leur savoir à grandes foulées. Toute la gamme de leur possibilité mentale vous laissera, pauvre gogo sur le pavé !
Grâce à dieu, haïku et hexagramme sont des mots qui font partie de leur horizon. «Je dors » n’est plus la seule réplique connue d’elles pour désamorcer la mèche méphistophélique que vous pensiez allumer par votre seule présence. Une grande métamorphose, fort juste et très morale au fond, les a dotées d’une tête qui ne ressemble plus à une noix de coco : dure dehors, vide dedans ! Quand elles vous parlent du nucléaire, ce n’est pas pour faire une parade. C’est avec passion et conviction qu’elles vous assènent un discours très cohérent qui ne doit rien au hasard, ni à la pêche aux mots.
Vous les hommes, ne pouvez plus les choisir à pile ou face et les utiliser comme une posologie pour soigner vos envies ! Elles vous avertissent telle une postface que leur cerveau est capable d’entrer dans une activité si intense pour les transformer, que les Marxistes croiraient à « une praxis » !
Il est prodigieux de voir comme l’homme est un public retardataire. Don quichotte des temps modernes restant sur la rive, empêtré dans des simulacres de combats contre les évidences. Elles sont dans l’obligation de vous mettre les points sur les « I », noir sur blanc au stylo à bille. Elles doivent cependant employer des mots très suaves pour ne pas vous froissés quand il y aura contact de vos synapses. Car, enfin, vous réaliserez que votre rêve utopique de la « blonde potiche » ne fait plus partie que d’une vague idée vagabonde et obsolète !
Le 01.05.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
jeudi 30 avril 2009
JEUX D'ENFANTS
- Damien où vas-tu encore !
- Je vais voir les petits de la lapine à Mémé !
Mémé, tout le monde l’appelle ainsi cette gentille vieille dame qui habite la ferme des Cuculles. Personne ne connaît exactement son âge et son surnom lui est venu tout naturellement. Tous les enfants du village sont venus pour l’écouter raconter l’histoire de cette ferme qui doit son nom aux capuchons que portaient les travailleurs des champs en guise de chapeau. Au XVème siècle, la ferme était la fabrique la plus importante de ces vêtementsd’étoffe grossière. Mémé en a encore une qui a résisté au temps et qu’elle garde religieusement afin de montrer à quoi ressemble cet habit d’un autre temps. Les gamins, lorsqu’ils viennent la voir, ne manquent pas de lui demander à voir la relique bien que se soit la énième fois. Damien ne déroge pas à la règle. Après avoir dit bonjour à Mémé et poser quelques nouvelles questions sur les cuculles, Damien ressort à la même vitesse qu’il est entré. Il rejoint son copain Sylvain qui, entourée de poules, jette du blé dans la cour.
- Cot cot cot codette ! Allez venez manger les petites cocottes. Salut Damien ça va ?
- Ouais, je viens voir Scarlatine. Alors ça y est, elle les a sortis de leur nid de poil ?
- Ouais, vient on va les regarder, mais faut pas les toucher sinon Mémé va pas être contente car leur mère elle s’en occupera plus après.
- D’accord, j’ouvre pas la cage.
Damien se précipite vers le mur de la grange où sont alignés les clapiers. Sylvain, clairvoyant, le rattrape par la manche juste avant qu’il n’arrive à la niche de Damoiseau, le nouveau chien de la ferme qui les fixait d’un regard hostile.
- Fais gaffe, il est pas méchant, mais Mémé dit qu’il est lunatique alors on sait pas bien les réactions qu’il peut avoir !
Les deux gamins s’extasient pendant un temps devant la portée duveteuse et colorée, puis lassés, s’en retournent jouer sous le hangar où sont entreposés vieux tracteurs et autres ferrailles inutilisés et rouillés. Parmi toutes ces merveilles, il y a leur jouet favori.
Une grande caisse en bois montée sur deux roues pleines et attachée, par une tige courbée, à la selle d’un vieux vélo.
Aujourd’hui, Damien et Sylvain en font une moto trépidante avec laquelle, gaz à fond et « poignée en coin », ils dévalent les chemins autour de la ferme. Évidemment, ce n’est pas la panacée pour faire le Bol d’or ! Par contre, une fois bâchée, la remorque devient un parfait abri lorsqu’il s’agit de chasser le gnou dans la savane ! Ca, ils l’on expérimentés la semaine dernière et c’était vraiment épatant !
L’heure avance et les deux gamins doivent rentrer chez eux, mais avant de partir, ils cherchent à quoi leur servira leur bolide la prochaine fois. C’est Damien qui lance en riant :
- Nous jouerons au Pharaon qui va voir la construction des sphinx de sa pyramide !
Le 14.09.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
vendredi 24 avril 2009
PREMIERE PORTEE
Depuis que nous sommes installés dans le village, les enfants nous racontent des histoires si étonnantes lorsqu’ils reviennent de la ferme des Cuculles que nous avons eut envie, nous aussi, de les entendre. Après avoir téléphoné à Mémé pour prévenir de notre venue, Damien et Sylvain nous entraînent sur le chemin de la « cours aux mille trouvailles» comme ils l’appellent. Mémé toute menue et souriante nous attend sur le seuil et nous fait asseoir autour de la grande table en bois brut installée au centre de la pièce à vivre. Elle nous propose un café à « la chaussette » qu’elle tient au chaud, au coin de la cuisinière à bois, dans une cafetière en émail rouge. Quelques biscuits maison agrémentent ce petit quatre heures. Damien et Sylvain s’installent devant un verre de lait tout tiède.
N’y tenant plus, Damien pose la question qui lui brûle les lèvres depuis si longtemps :
- Dit Mémé pourquoi tu appelles ton chien par ce drôle de nom ?
Et bien tu comprends, c’est comme l’histoire du nom de la ferme, cela date de fort longtemps. Le jeune homme du château voisin, fou amoureux de la fille des fermiers, venait tous les jours voir sa belle pour lui conter fleurette. Le père de la jouvencelle, soucieux de préserver la réputation de la famille, lâchait systématiquement le chien aux trousses du jeune homme enamouré. Vous comprenez, l’honneur c’est l’honneur et le fermier préférait se méfier, tout châtelain qu’était le jouvenceau. Celui-ci après quelque bas de pantalons déchirés fini par apporter de quoi amadouer le féroce animal. Quelques belles cuisses de poulet eurent vite raison de la faim inassouvie du molosse. Le maître s’apercevant de l’affaire enferma son chien avec un bon coup de pied au derrière en criant « Nom d’une bourrique ! Tu parles d’un chien de garde ! Te laisser avoir par un Damoiseau ! C’est à pas y croire ! ».
Depuis ce temps, par boutade, tous les chiens de la ferme ont été dénommés ainsi.
- Dis Mémé maintenant, raconte-nous l’histoire du nom de la Lapine ! s’écrie Sylvain
Et bien voilà, avec mon époux nous nous relayions depuis trois jours auprès de Digitale notre truie qui était prête à mettre bas. Nous connaissions à peu près la date car une truie fait toujours ses petits trois mois, trois semaines et trois jours après avoir rencontré son amoureux.
- C’était qui son amoureux ? Demande Damien en pouffant de rire.
- Il s’appelait Dartagnan, c’était un gros verrat de race limousine, à la peau rose avec des taches noires aux oreilles et sur le dos.
Nous attendions cet événement avec impatience, mais nous étions un peu nerveux car c’était pour elle comme pour nous une première portée. Et, bien que nous ayons vu faire nos parents, nous n’étions pas très rassurés. Pourtant à la date prévue, elle nous fit cadeau de neuf jolis petits pourceaux. Huit de la couleur de leur papa, et petit tout noir. Ils pesaient tout juste un kilo. Imaginez un paquet de sucre en poudre avec quatre petites pattes, deux oreilles pendantes et une petite queue bien droite.
- Dit Mémé je croyais que la queue des cochons était toujours en tire-bouchon ? S’étonne Sylvain.
Et bien non justement, un cochon qui a la queue toute tortillée, c’est qu’il est angoissé alors qu’une queue bien droite signifie un animal détendu et en pleine forme. C’est important de ne pas bousculer les cochons, car ce sont des animaux qui ont un cœur tout petit par rapport à leur poids et de ce fait, ils sont sujets aux ennuis cardiaques. Malgré tout, ces petits diables, après avoir choisi chacun la tétine qu’il utilisera pour se nourrir, se sont mis à jouer, se poursuivant, lançant de la paille avec leur groin et la faisant retomber sur leurs dos. Il n’y avait que ce petit noiraud qui restait dans son coin. Nous n’avions pas prévu qu’il y aurait un chétif ! Mon Louis parti vite à la grange et revint avec une lampe chauffante, celle dont on se sert pour maintenir les poussins à bonne température quand ils naissent. Nous l’avons surveillé pendant plusieurs jours car ses frères et sœurs l’écrasaient lorsqu’ils se ruaient sur leur mère pour la tétée ! Nous l’avons tenu auprès d’une tétine afin qu’il puisse lui aussi se nourrir et nous avons fini par lui donner le biberon. Malgré tous nos soins, il ne survécu pas plus de dix jours. Avec le temps, nous nous sommes aperçus que cela arrivait plus souvent que nous le pensions.
Ma fille Evangéline avait alors six ans. Depuis fort longtemps, elle nous demandait un animal « à elle » dont elle s’occuperait « toute seule ». Bien entendu, lorsqu’elle a vu ces petits jouets, elle en voulu un. Il nous fallu plusieurs jours pour la convaincre qu’un cochon, si mignon petit, devenait très gros et dangereux pour une petite-fille. Alors, elle finie par comprendre q’une lapine serait plus adaptée à son jeune âge. De plus, les petits qu’elle aurait seraient encore des occasions de plaisir et de joie le moment venu.
Le jour prévu pour aller choisir la boule de poil qui serait l’élue, une scarlatine cloua ma petite au lit. C’est ainsi que la lapine pris ce nom qui fut perpétré pour toutes les lapines premières d’une lignée.
- Ce sont de bien belles histoires que tu nous dis là Mémé, tu peux nous en raconter encore ? Dit Damien émerveillé.
- Ce serait avec joie mon petit Damien, mais je suis une vieille grand-mère et je suis un peu fatiguée. Il faut que je me repose maintenant. Tu sais bien qu’avec Sylvain vous pouvez revenir quand vous voulez pour jouer. C’est promis, quand vous le voudrez, je vous en conterais d’autres.
Le 26.09.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
mardi 10 mars 2009
Généralités sur les haïkus
Les Haîkus sont de petits poêmes japonais qui sont la poésie des sens et non celle des idées.. Ceux que vous trouverez dans les messages suivants sont en 5/7/5 ou bien (erreur) en 7/5/7... Du coup, disons que ce sont de petits poèmes français !!!hi hi hi !!!
"Le haïku est un poème très bref, mais pas un poème comme on l’entend à la française.
Il est composé dans sa forme japonaise classique d'un tercet 17 (5/7/5). Le français étant plus complexe que le Japonais, un nombre de syllabes plus grand sera peut-être nécessaire.
Il est important que le Haïku soit sobre, dense, sans artifices littéraires (syllogismes, rimes, métaphores) et qu‘il fasse toujours référence à une réalité humaine ou à la nature. Il est la poésie des sens et non celle des idées. Ce doit être un morceau infime de vie, une impression fugitive. Certains le compare à une photographie instantanée : « Sitôt pris, sitôt vu et déjà il n'est plus»" (informations trouvées sur internet).
Voici des liens pour ceux et celles qui seront intéressés par ce style d’écriture.
En tapant Haïku dans votre moteur de recherche, vous en trouverez sans doute bien d’autre.
http://clicnet.swarthmore.edu/litterature/moderne/poesie/duhaime.html
http://pages.infinit.net/haiku/
Haïkus - VACANCES
Soleil au ciel de Paris
Crème solaire
Odeurs grandes vacances
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Le 14.05.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
Haïkus - CHAT
Chat affectueux
Oiseau offert sur tapis
Cadeau aux maîtres
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Câlins prolongés
Roudoudou exaspéré
Poignet lacéré
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Tête à l’envers
Queue roulée chat endormi
Pattes sur les yeux
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Le 7 mai 2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
Haïkus - OPERAS
Magnifique opéra
Camélia dame
Amour et renoncement
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Musique qui résonne
Trompettes Aïda
Victorieuse arrivée
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Orage et tonnerre
Sombre avenir
Le crépuscule des dieux
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Le 01.05.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile







