PLUME FRAGILE

Voyage dans mon univers

lundi 23 novembre 2009

SOIF !!!!!

Quand il fait soif, il fait soif et tout les moyens sont bons pour se désaltérer !!!

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J'ai découvert cette vidéo sur le blog de CHATS(perlipopette) que j'ai découvert sur le blog de Charles Daney. Deux blog que vous recommandent vivement que vous aimiez les chats ou non (heu... bon... oui... enfin surtout si vous les aimez... !!! hi hi hi !!!)

Posté par plumefragile à 16:15 - BLA, BLA, BLA, MAIS IMPORTANT AUSSI... !!! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 17 novembre 2009

Après Grand-Père, voici Grand-Mère

GRAND MERE

Son chat Gaspard sur les genoux, vêtue de son éternelle robe noire, Esther ma grand-mère me racontait les histoires de son village montagnard frontalier. Elle y vivait calme, tranquille et discrète.

De son passé elle ne nous parlait que très peu. Sa vie parisienne, elle la définissait comme dure et pénible, mais jamais triste. Élever ses enfants fut difficile. La séparation occasionnée par la vie trépidante de Pablo - mon grand-père - lui avait rendu la vie plus malaisée encore.

L’austérité de son existence n’avait d’égale que la sévérité avec laquelle elle nous inculquait les principes de savoir-vivre. Malgré cela, sous ses apparences rigoristes, son port superbe et sa démarche dansante nous avaient toujours intrigués. Cela ne collait pas avec son image immuable de femme disciplinée.

Mes cousins, cousines et moi allions la voir chaque année. Le but unique de nos vacances était la recherche de la clé du grenier. Grand-Mère nous interdisait l’entrée sous un prétexte fallacieux : nous allions déranger le fantôme et il risquait d’être fâché ! Bien entendu, jeunes, cela ne faisait que renforcer notre curiosité, et notre peur aussi. Ensuite, nous nous sommes demandés quel secret cette porte pouvait bien dissimuler.

Nous inventions des jeux de toutes sortes pour y parvenir. Mais attention, pas question de faire n’importe quoi, le calme et la modération étaient de rigueur dans la maison. Cela compliquait grandement nos explorations. Nous devions nous déplacer comme des sioux pour ne pas trop nous faire remarquer.

Malgré tout, les fessées pleuvaient parfois. Les patins de feutre omis pour glisser sur le parquet ou les plates bandes que nous écrasions par mégarde en étaient souvent la cause, le bruit aussi. Le pire pour elle était l’impolitesse. L’oubli d’un « bonjour ou d’un merci » nous valait un départ au lit précipité sans repas et surtout sans dessert (elle faisait un touron fin, dont je me souviens encore tant d’années après).

Quelques heures auparavant, elle m’avait confiée une pochette en me disant : cette clé que vous avez tant cherchée et qui fut la cause de punition trop sévère - j’en conviens volontiers - je te la donne aujourd’hui. Les mœurs ont bien changé et mes écarts de jeunesse ne sont plus que peccadilles à présent.

Ces paroles avaient aiguisé ma curiosité. J’allais enfin avoir la réponse aux questions si souvent évoquées et j’étais troublée à cette idée. Je tournais la clé avec un peu d’émotion.

A droite de la porte, sur des claies, des pommes étaient bien rangées tout comme les oignons et les échalotes suspendus à une poutre en petites tresses. A gauche, un invraisemblable bric à brac était entassé. Des chaises, un guéridon, un vieux buffet, des boîtes et des cartons vides. J’avais beau regarder, je ne voyais pas ce qui justifiait une telle interdiction.

M’habituant à la pénombre, j’aperçus une malle à moitié enfouie, fermée par un cadenas. Je me dirigeai vers elle et l’ouvris. Des vêtements y étaient bien rangés. En fait il n’y avait que des robes espagnoles, des coiffures, des mantilles, des chaussures à lanières et petits talons très usés et des éventails, assortis. Mon étonnement était grand et fut renforcé quand je découvris tout au fond, des papiers un peu jaunis, écrits en espagnol, où je pouvais lire le nom de ma Grand-mère en caractères gras. Les quelques mots que je comprenais m’indiquaient qu’il s’agissait de récompenses.

Une heure s’était écoulée. Je descendis retrouver Esther qui s’était assoupie à la faveur du feu de bois et des ronronnements du chat. Je lui montrai mes découvertes. Elle se mit à rougir, puis à rire (car elle savait que j’allais trouver cela) et me raconta.

Ces robes étaient celles qu’elle portait étant jeune pour aller danser le flamenco, toute la nuit au-delà de la frontière. Les papiers jaunis étaient bien les récompenses acquises aux concours qu’elle avait gagnés avec son amie de jeunesse Francesca.

Lorsque je lui demandais pourquoi elle ne nous avait pas parlé de cela avant, elle me fit cette réponse hors du temps : une grand-mère doit être un exemple. Je ne voulais pas que vous croyiez que j’étais une «gourgandine» qui ne pensait qu’à s’amuser !

J’éclatai de rire. «Gourgandine» Grand-mère ! Même en rêve, je ne l’aurais pas imaginé !

Cela lui rappelait des moments bien agréables. Elle se mit à me raconter les escapades vers ces guinguettes qui l’attiraient tant. Elle aimait danser plus que tout. Lorsqu’elle était vêtue de ses belles robes, cambrée et tournoyante, les mains frappant vers le ciel, les talons martelant le sol, plus rien ne comptait.

Après sa rencontre avec Pablo, le temps lui paraissait encore plus long d’un dimanche à l’autre. Elle l’avait trouvé si beau lorsqu’il l’avait invitée pour leur premier flamenco ! D’autres danses enflammées et endiablées jusqu’au petit matin la laissaient grisée et charmée, rêvant de son bel amour.

Ces évocations lui avaient redonné des couleurs et ses yeux pétillaient de plaisir en pensant aux autres rendez-vous qu‘ils eurent. Tous ces souvenirs enfouis, la rendirent nostalgique, mais heureuse de les avoir partagés.

Le 22.01.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile

Posté par plumefragile à 18:05 - PETITS TEXTES SANS PRETENTION - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 13 novembre 2009

PABLO

Esther ma grand-mère ne nous parlait jamais de mon grand-père Pablo. Nous ne savions pas vraiment pourquoi ils ne vivaient pas ensemble. Lorsque j’ai interrogé mon père, il a répondu : incompatibilité d’humeur ! Il décrivait grand-père comme un homme ordinaire ayant une vie très commune et sans grand intérêt. Il n’aimait pas parler du passé.

La curiosité me poussa à me mettre en quête d’objet ou de chose pouvant me révéler cette vie passée que je devinais différente de celle dont on me parlait. L’endroit tout indiqué était bien le grenier et j’y trouvais ce que je cherchais.

La malle était modeste, quatre planches de mauvais bois attachées par des équerres de fortune et couvertes par une plaque de contre plaqué. Un petit loquet en ferraille, sans cadenas, en assurait la fermeture.

Elle renfermait toutes sortes de choses, de vieux pantalons, des chaussures usées, des éventails aux couleurs variées, des castagnettes, des mantilles diverses et puis une multitude de lettres écrites à son ami Mañolo ainsi que quelques photos, qui avaient été remise à ma mère (je l’appris plus tard) lors du départ de mon grand-père pour une vie future.

Mon grand père était simple, mais extravagant, l’œil vif, les cheveux en broussaille, le chapeau à large bord vissé sur la tête, un foulard noué autour de son cou.

Lorsqu’il partait en voyage, il ne s’encombrait jamais de bagages, les pantalons, les pulls et les vestes, ils les enfilaient les uns par-dessus les autres (jusqu’à trois) ! Cela lui fournissait donc une multitude de poches dans lesquelles il mettait tout ce dont il avait besoin, petit linge, chaussettes, foulards, brosse à dents, ainsi qu’un rasoir mécanique démontable. Une véritable armoire ambulante.

Tout cela je l’ai appris dans ses courriers qui racontaient les évènements qui traversèrent ou bouleversèrent sa vie.

Ainsi, sa rencontre avec Picasso, au temps de la bohême, mon grand-père l’a hébergé pour quelques jours et n’a jamais voulu accepter l’esquisse que celui-ci avait fait afin de payer son logement. L’amitié est gratuite écrivait-il toujours.

Il était comme l’on dit familièrement « coco » de là lui venait sa passion pour les foulards, rouges bien sur.

De ses fuites lors des combats en Espagne contre Franco,  j’ai lu des dizaines de lettres qui en relatait la misère et la dureté.

Ensuite, il y eu le travail chez Renault à Billancourt, les copains des syndicats et les manifs. Un vrai révolutionnaire !

Et puis au milieu de tout ce mouvement, il y avait ses conquêtes grâce auxquelles j’avais devant moi cette magnifique collection de mantilles et d’éventails dont chaque maille et chaque pli retraçaient un moment de tendresse et de douceur. Les castagnettes lui permettait d’accompagner les flamencos endiablés de ses belles.

C’est d’ailleurs au cours d’une de ces soirées qu’il rencontra ma grand-mère Esther. Ils restèrent ensemble sept années pendant lesquelles ils eurent leurs cinq enfants.

La vie de grand père se poursuivit entre Paris, Barcelone et Madrid au grès de ses voyages, toujours émaillés de quelques aventures bien trempées.

L’âge aidant, il s’installa chez Mañolo et y finit ses jours tranquillement, à son grand regret. Il aurait certainement préféré finir sa vie sur des barricades, le poing levé.

20.10.2005 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile

Posté par plumefragile à 11:59 - PETITS TEXTES SANS PRETENTION - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 5 novembre 2009

Suite

Voici la suite de "Farfouille au quotidien"

MAIS A QUOI PEUT BIEN SERVIR TOUT CELA ? Suite de «Farfouille au quotidien»

Vous avez déjà fait la visite de ce que j’appelle « ma farfouille du quotidien ». Je vais maintenant vous emmener en promenade pour étudier l‘utilisation parfaite des objets contenus dans ce sac.

Aujourd’hui nous partons voir les coureurs du « Paris-Nice » qui arrivent à Rasteau et repartent demain d’Avignon. Nous quittons la maison après avoir mis le chat et nos bagages dans la voiture.

Nous arrivons sur place assez tôt ce qui nous permet de trouver facilement une place à l’ombre. Nous décidons de profiter de cette avance pour déjeuner de bonne heure. J’ouvre le coffre et m’aperçois, penaude, que j’ai oublié le pique-nique dans le réfrigérateur. Nous marchons environ huit cents mètres pour arriver au hameau. Nous ne trouvons qu’une épicerie/tabacs/journaux /boulangerie (pas coiffeur, mais après tout, je n’ai pas demandé à quoi sert l’arrière salle…). J’achète deux boîtes de sardines, des tomates, des pommes, une baguette et une bouteille d’eau. L’ouvre-boîte, les fourchettes, le couteau et le gobelet trouvent tout naturellement leur utilité. Nous nous installons sur une placette herbeuse, près de l’église, et assis sur mon foulard, prenons tranquillement notre repas improvisé. Un voisin de pique-nique nous offre un verre de vin car lui avait la bouteille et nous le tire-bouchon.

En se levant, mon mari accroche son pantalon dans un clou fiché sur le bord d'un banc. Heureusement, ma « mini-couture » me permet de réparer l’accro en un instant.

L’arrivée des coureurs est annoncée pour 16h30, cela nous laisse largement le temps de retourner à la voiture voir si le chat supporte bien l’attente. Nous avons laissé les carreaux très légèrement entrouverts et la voiture est à l’ombre, mais nous préférons nous assurer que tout va bien, puis nous en profiterons pour nous prélasser un peu.

En arrivant, je m’aperçois tout de suite de la catastrophe. Calmement, je sors le tournevis de mon sac, je l’enroule dans les mouchoirs en papier, le glisse dans la fente de la vitre avant de la voiture afin de maintenir écraser le joint en caoutchouc. Mon mari s’occupe de cette tache pendant que j’attache le trombone, retourné en forme d’hameçon, après la ficelle, je noue cette dernière aux élastiques que je passe autour de mon poignet. Ainsi équipée, si par mégarde, à bout de patience ou de force je lâche la ficelle - qui bien entendu est tout juste assez longue -, elle ne se retrouvera pas sur le siège de la voiture au même titre que les clés que j’essaie d’attraper - avec succès - depuis une demi-heure !

Le chat, lui, est bien confortablement installé sous sa couverture et semble fort déranger par tout ce mouvement inattendu ! Nous ouvrons enfin l’auto et nous installons. Mon mari pour faire des mots croisés armés du crayon et de la gomme (cela me calmera me dit-il), et moi pour réserver un hôtel à l’aide de mon téléphone. Et bien oui, en plus de faire montre, appareil photo, traducteur, mini-ordinateur, webcam, un portable ça sert aussi à… téléphoner !

A seize heures, clés en poche, crème étalée sur les mains pour applaudir sans bobo, nous allons assister à la magnifique arrivée groupée du peloton. Je sors mon filet à provision et je le remplis avec les bidons que je demande aux coureurs pour ma collection. Nous restons jusqu’au podium et la remise les bouquets. Ensuite, nous retournons à la voiture et arrivons à l’hôtel juste pour l’heure du dîner. La soirée et la nuit se passe sans incident, bercer par les ronronnements du chat.

Dimanche matin. Nous nous faufilons parmi les coureurs venus signer, sur le podium, la feuille de présence et j’en profite pour leur demander de signer mon calepin. Le départ est donné à onze heures devant le Pont d’Avignon et ainsi, la fête se termine par le démontage de tous les éléments de l‘organisation et nous prenons le chemin du retour. Malgré l’incident des clés, nous sommes tout heureux de notre escapade et nous roulons tranquillement sous un grand soleil, chantant à tue-tête « l‘amour est enfant de bohème… ». Le chat profite de la chaleur des rayons, nonchalamment installé sur le dossier de mon siège derrière ma nuque, une patte posée sur l’épaule de mon mari. Un petit vent coulis glisse sur mes épaules et pour éviter un torticolis, je ferme la vitre. Je pousse un hurlement ! Mon mari me regarde et abasourdi par ce qu’il voit pile sur le bas côté. En l’espace d’une seconde, je ré-ouvre le carreau, me retrouve hors de la voiture. Les jambes écartées et penchée en avant je vide sur ma tête la bouteille d‘eau et me désinfecte avec les lingettes rafraîchissantes parfumées. Mon mari de son coté tient le chat qui vient, en représailles, de planter ses canines dans mon cuir chevelu et ses griffes sur mon front.

Pourquoi a-t-il fallu qu’il mette sa queue dans l’entrebâillement de la glace que je voulais fermer !

Nous remettons le chat dans l’auto après avoir regardé s’il n’avait pas trop de mal, heureusement, le caoutchouc a amorti le pincement. Nous repartons et patiemment, je retire avec la pince à épiler les épines qui se sont fichées dans ma main. Tout à l’heure, en sortant précipitamment de l’auto, je me suis rattrapée à ce que j’ai pu ! A priori, c’étaient des ronces !

Bien sur, je n’ai pas cité tous les objets allez-vous me dire ! Oui, mais vous seriez déçu... Mon porte-monnaie me sert à mettre des pièces, mon portefeuille mes papiers personnels, mes cartes de crédits à régler mes achats et mes lunettes noires me protégent du soleil. Des utilisations somme toute fort banales.

Le 08.04.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile

Posté par plumefragile à 10:37 - PETITS TEXTES SANS PRETENTION - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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