samedi 8 mai 2010
MIGRATION de BLOG
Ca y est, je me décide... Je migre !
Voici l'adresse de mon nouveau blog
http://plumefragile30.over-blog.com/
jeudi 6 mai 2010
Vive le progrès !
Internet, internet, internet ? Oui mais ...
dimanche 2 mai 2010
UN TICKET - "Salle d’attente"
Il faut y aller ! Je ne peux pas dire que ce soit un plaisir, mais bon, en général, cela se passe plutôt bien. Éventuellement un cachet par-ci ou une piqûre par-là, enfin dans l’ensemble, pas de problème. J’avais prévu de jouer ce matin, mais tant pis, je me rattraperais tantôt.
Cette fois-ci, j’ai décidé de ne pas faire ma tête de mule, je monte de bonne grâce dans la voiture. J’ai huit ans et je ne veux pas passer pour une mauviette ! Enfin, nous voici arrivés chez le Doc. Il n’y a pas trop de monde. Juste une personne, un maigrelet qui n’a pas l’air en forme.
Je sais que lorsque nous venons ici, j’ai des chances de rencontrer des copines. Donc, j’ai pris soins de mon apparence. Toilette à fond, astiquages des quenottes et lissage de la crinière. J’ai mis toutes les chances de mon côté, on ne sait jamais. D’ailleurs, il me semble que ce ne sera pas en vain. Il y a deux petites qui viennent d’entrer dans la salle d’attente.
Celle qui s’installe au fond n’a pas l’air très sympathique. Elle est renfrognée, complètement hirsute, et ridicule avec son nœud rose sur la tête. De plus, elle doit bien avoir dix ans ! Une vieille quoi !
Par contre, la plus jeune me semble bien timide. Calée sur son siège, elle ouvre de grands yeux étonnés et apeurés. Je lui fais un sourire et un clin d’œil pour la détendre. Elle est toute rousse et mignonnette. Un peu ébouriffée, mais c’est la peur qui doit lui faire cela. Elle ne doit pas dépasser les six ans. Une bien jolie jeunette.
Elle me répond par un battement de cils. Je crois bien que j’ai un ticket, je la connais, elle habite au coin de ma rue. Je pourrais aller jouer avec elle cet après-midi.
Ah! Voici mon tour.
- Bonjour madame, rappelez-moi le nom de ce petit patient,
- « Tombeur » docteur, c’est pour le rappel du vaccin antirabique. Voici son numéro d‘enregistrement félin BV 2531.
Le 15 février 2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile
samedi 24 avril 2010
KING CRIMSON
Ce soir, je suis nostalgique. Assise dans le canapé, je pense à mon cousin en écoutant « In the court of the Crimson King » qu’il m’a fait connaître. Je me rappelle les équipées fantastiques auxquelles nous nous sommes livrés lorsque nous étions plus jeunes.
C’est lui qui m’a fait voir pour la première fois le métro à Paris. J’étais fascinée par les couloirs sans fin, les quais bondés de personnes toutes plus pressées les unes que les autres, les affiches qui défilaient pendant le trajet, « Dubo… » « Dubon… » « Dubonnet ». Cela nous faisait rire chaque fois et nous descendions de la rame en reprenant à tue tête ces trois syllabes.
C’est avec lui aussi que, nous avons exploré une bâtisse où travaillaient Pierre et Marie Curie dans la banlieue ouest. Elle jouxtait la propriété de l’oncle chez qui nous étions allés pour un repas familial. En passant sous un grillage, nous avions réussi à nous introduire dans le parc et à pénétrer dans la maison poussiéreuse aux portes éventrées et aux vitres cassées. Dans la grande pièce du rez-de-chaussée, toutes les cheminées, moulures et sculptures avaient été vandalisées. Cela ressemblait plus à un chantier qu’à une salle d’expérience ! Car c’était bien dans un laboratoire que nous étions entrés. Les étagères étaient couvertes de fioles, d’éprouvettes et de flacons aux formes diverses. Les uns étaient vides, mais bon nombre d’entre eux étaient encore plein. En les ouvrant, toutes sortes d’odeurs se répandaient, désagréables pour la plupart. Mon cousin plus téméraire que moi était monté à l’étage. Il en redescendit brandissant divers carnets de notes, cartes, feuilles recouvertes de chiffres et de signes cabalistiques. Ces documents étaient éparpillés autour d’un meuble saccagé lui aussi. Nous avons mis dans un sac trouvé là, quelques éprouvettes dont la forme nous avaient plu ainsi que les papiers trouvés à l’étage. Nous partions à la découverte d’un appentis derrière la maison lorsque nous avons entendu du bruit. Nous avons pris nos jambes à nos cous et avons repassé la clôture, tremblant de peur. Nos trésors cachés dans le coffre de la voiture, nous sommes allés prendre notre quatre heure avec des sourires et clins d’œil entendus. Le soir, de retour dans nos habitations respectives, nos parents ont découvert notre larcin. Ils nous ont vertement réprimandés et ont jeté toutes nos trouvailles à la poubelle, prétextant le danger de la radioactivité. Mon cousin réussi à conserver un des carnets. Il était persuadé d’avoir en mains des notes manuscrites du Grand Pierre Curie. Il s’avéra par la suite que ce n’était qu’un carnet on ne peut plus banal.
En repensant à tout cela, je ne peux m’empêcher de sourire à la peur qui m’avait étreint pendant plus d’une semaine. Je regardais tous les matins dans le miroir si je n’avais pas des boutons qui apparaissaient !
Ce n’est qu’un petit extrait des exploits que nous avons accomplit ensembles.
Le disque vient de se terminer. La dernière fois que j’ai entendu cette chanson, c’est à l’église, lors de la dernière aventure de la vie de mon cousin. Il n’avait pas vingt-cinq ans.
Le 29.08.2006 - Brigitte Gueunier - Plume Fragile










